mercredi 14 janvier 2015

Un peu de beurre blanc dans ce monde de brutes

Si j'avais une ligne éditoriale un peu cohérente et une quelconque stratégie en termes de mots clés, je ferais un article sur la galette des rois. Mais ici, c'est pas comme au bureau, les statistiques on s'en fout. Et en plus j'ai franchement pas grand chose à dire sur la galette des rois. C'est vrai que c'est plutôt bon, mais en même temps sans plus, genre ça te manque pas le reste de l'année. Autant tu peux avoir une envie de tartiflette au mois d'août, autant la galette, une fois par an, c'est ni trop ni trop peu. Et puis comme dirait ma pote Julie, ça reste deux rouleaux de pâte feuilletée avec de la poudre d'amande, pour 24 balles, t'imagines la marge qu'ils font dans les boulangeries ? C'est son côté analyste financière, mais c'est pas faux. En plus, j'ai toujours la fève (même si cette année j'ai un peu triché), du coup c'est énervant pour les autres. Bref, pour 2015, j'ai pas envie de vous donner une énième recette de galette des rois, je vais partager un truc un peu plus perso : mon fameux beurre blanc aux échalotes. La recette que mes potes me réclament à chaque repas de Noël, que j'ai répétée des dizaines de fois au téléphone, guidant les plus téméraires qui ont voulu s'y risquer. Le truc pas hyper technique mais qui te vaut à chaque fois des "wahou, mais comment t'as fait???? c'est trop bon!", un peu comme quand à 15 ans t'étais la seule à savoir faire une mayo maison et que ça impressionnait trop tes potes, qui eux n'avaient de compétences manuelles qu'en roulage de pétard (ce que j'ai toujours été infichue de maîtriser, comme quoi, chacun son truc). Bon, donc je vais vous expliquer ça pas à pas et tout va bien se passer :

La beurre blanc aux échalotes pour les nuls 

Temps de préparation : 20 min (on a dit pour les nuls)

Ingrédients :

- 2 échalotes
- 1 oeuf (on a besoin juste du jaune)
- 125 g de beurre
- 1 grand verre de vin blanc (de cuisine ou un fond de bouteille qui traîne, c'est pas utile de le faire au Pouilly)

Etape 1 : gérer l'échalote

On commence par ciseler les échalotes. Ouh la, premier terme technique...par ciseler, j'entends couper en tout petits morceaux (mais en morceaux quand même, n'en faites pas de la bouillie).

On met les échalotes ciselées dans une petite casserole. On recouvre avec du vin blanc. On met le tout à feu vif et on arrête quand tout le vin blanc s'est évaporé. En attendant, on coupe le beurre en dés, ce qui est fait n'est plus à faire. Jusque là, fastoche.


L'échalote, c'est comme l'oignon, ça fait couler ton mascara et ça laisse une odeur sur les doigts. Mais faut être honnête, c'est quand même très bon.


Etape 2 : tout miser sur le jaune d'oeuf

Hors du feu, on ajoute le jaune d'oeuf, une cuillère à soupe d'eau, on sale et on poivre. On mélange le tout au fouet. C'est de l'incorporation du jaune d'oeuf que dépend la texture de la sauce.


Ca doit ressembler à ça : une échalote bien translucide, une texture encore assez liquide


Etape 3 : maîtriser le bain-marie

Ne vous mettez pas la rate au court-bouillon, le bain-marie, c'est ni plus ni moins qu'une petite casserole qui trempe ses fesses dans une grande casserole remplie à moitié d'eau bouillante.

Deux-trois trucs à éviter pour que ça se passe bien :
Mettre trop d'eau sinon quand on fouette sa sauce, on risque d'en foutre partout
Mettre le feu trop fort pour la même raison

On est confiants, on est chauds on y va. Quand l'eau bout à petits bouillons dans la grande casserole, on met la petite dedans. On fouette sans s'arrêter environ 1 minute, c'est là que tout se joue. Si on ne laisse pas assez longtemps, l'oeuf ne jouera pas son rôle de liant et la sauce sera trop liquide. Si on laisse trop, le jaune va cuire et la sauce va "trier" (ça c'est quand la texture n'est pas homogène, comme si il y avait des petits bouts et du coup c'est foutu).

On ajoute le beurre d'un coup, sans s'arrêter de fouetter. On goûte et on corrige l'assaisonnement.

Etape 4 : trouver l'accord subtile

On peut servir ça avec n'importe quel poisson, ça marche à tous les coups. Et puis le top du top, c'est les Saint Jacques juste poêlées au beurre noisette avec une fondue de poireaux (tu éminces tes poireaux, tu les fais suer dans le beurre, quand c'est cuit tu ajoutes de la crème fraîche, sel, poivre et un peu de muscade), une petite tuerie!


De la crème, du beurre, les légumes et les fruits de mer, c'est pour la déco






mercredi 17 décembre 2014

Nina, des adresses comme ça, j'achète !

Ouh lala, mais ça sent la poussière ici!!!! Rien de grave, il m’est arrivé un truc que beaucoup de gens connaissent : la période de charrette qui dure plusieurs mois et te fait frôler la burnoute. Le secret, c’est de s’en rendre compte avant que ça devienne trop grave. Heureusement, y’a quand même pas mal de signes avant-coureurs :
  • avoir la pêche pour sortir le vendredi soir, passer chez soi poser son PC, se maquiller, se faire un café et s’endormir sur son canapé
  • confondre sa crème corps et son après-shampoing, l’un étant beaucoup plus relou que l’autre
  • souhaiter "bonne journée" aux collègues qui quittent le bureau à 19h et pas du tout pour leur faire une vanne pourrie à la « tu prends ton aprèm ? », juste parce qu'on sait plus vraiment quel jour, quelle heure on est
  • ne pas mettre le nez dehors avant 15h le samedi, et encore, sortir uniquement parce que le frigo est désespérément vide
  • acheter une valise à roulettes d’auditeur pour les déplacements, qu’on finit par ne plus jamais ranger à force de la faire et la défaire
  • entendre les copines te dire « non mais t’as vu ta tête ? ma poule, tu ferais mieux d’aller te coucher ! » alors qu'on détaille avec enthousiasme le programme de la soirée
  • faire des petits-déj et des déjeuners de taf parce que de toute façon, il n’y a plus d’autres créneaux
Heureusement dans tout ça, y’a toujours des moments sympas. D’abord parce que j’adore mon boulot, ensuite parce que y’a un super resto qui a ouvert tout près de mon bureau :

Nina, le renouveau de la cuisine est là

On mange quoi ?

De la cuisine hyper créative, de supers bons produits assemblés avec une vraie inventivité. C’est frais, c’est osé, ça a du peps. Un coup d’œil à l’assiette suffit pour voir où on a mis les pieds. Je suis notamment assez dingue de leurs entrées, toujours réussies avec souvent des condiments maison assez incroyables. Les plats sont toujours très gourmands avec des viandes et des poissons d’excellente qualité et des légumes qui ont le goût de légumes, ça fait plaisir. Les desserts ne sont pas en reste, pas trop sucré mais toujours des textures bien travaillées. Bref, même le plus relou des déj d’affaires devient un pur moment de kiffe !


Pourquoi quand moi je fais une entrée, ça ne ressemble JAMAIS à ça?

Et là vous pouvez entendre des gens dire "youpi des poireaux et des navets", sisi


C’est quoi l’ambiance ?

Petite salle en longueur, cuisine entièrement ouverte (très sympa pour le spectacle, un tout petit peu moins pour les odeurs), le tout avec ce qu’il faut de modernité dans le décor. Ca vient de tout le quartier pour découvrir la cuisine du chef, qui aime bien prendre le temps d’échanger avec les clients et reçoit les compliments avec une gêne adorable.


L'ampoule dénudée est visiblement un must-have du resto parisien en ce moment


J’y laisse un œil / un bras / la peau des fesses ?

Foncez-y avant qu'ils ne montent leurs prix ! 17€ entrée/plat ou plat/dessert, 20€ entrée/plat/dessert le midi, 34€ entrée/plat/dessert le soir. On peut aussi si on a envie de goûter à tout en plus petites portions commander une version « mosaïque », 4 le midi, 5 le soir pour le prix entrée/plat/dessert.


Même les desserts sont complètement ouf...


L’un dans l’autre…
Une excellente adresse pour tous ceux qui aiment être surpris par ce qu’ils mangent.



Nina, 139 rue du Château, Paris 14ème. 09 83 01 88 40, fermé dimanche et lundi, pensez à réserver!